Rubrique@net: Gourmandise

L’imagination est sans limite quand il s’agit de faire bonne chère, la bière n’échappe pas à la règle, d’autant plus quand, à son tour, elle devient ingrédient. A toute heure et aux quatres coins du monde, elle s’accomode, elle s’accorde aux autres ingrédients, ceux qu’on a sous la main, dans les placards, mais également avec les plus raffinés. L’idée est de titiller nos papilles, faire briller nos yeux, réchauffer nos ventres, bref de passer un bon moment, de créer l’ivresse… des sens. Tout est question de maîtrise, maîtrise des goûts, des techniques, des quantités. De la gourmandise oui, mais tout en restant de fins gourmets et de fins palais bien entendu. Ah les français et l’art culinaire ! Voyons un peu ce qu’il y a au…

Menu

  • Petits déjeuners : pain beurré nappé de bière à tartiner ou de vegemite australien ou alors, pour les becs salés, English breakfast accompagné de sa bière écossaise. Le café sera conseillé quand même, avec un petit chocolat pourquoi pas.
  • Apéritifs : Moment d’échange de partage, de retrouvailles, et déjà si vous partez sur une « simple » bière le choix est gigantesque, de la pils à la stout la plus noire et bientôt des assemblages de bières à la demande où même la mousse pourra être personnalisée. Mais, Nordistes et Alsaciens partiront peut-être sur des amers, façon Picon ou Sommer à ajouter dans une bière sans prétention et si d’autres veulent s’aventurer sur des cocktails à base de bière là aussi une foultitude mixologique les attend. De la pimentée michelada mexicaine au plus méticuleux black and tan, en passant par un cocktail du Pas de Calais, pas de règles pas de standards, la priorité est au goût, tant que c’est liquide, on mélange. Crakers aux drêches pour remplacer les cahouettes bien sûr ou quelques amuses-gueules plus élaborés.
  • Hors-d’œuvre froids : côté mer avec un caviar de bière ou des rouleaux de homard, côté terre un confit de bière à la truffe ou du foie gras bière et maroilles sur pain grillé, accompagné de quelques pickles.
  • Soupes : chaude à la Pierrot de Lille avec son topping au vieux Brugge, jambon et croûtons, ça c’est gourmand ou alors en version froide, osez le gosepacho.
  • Entrées chaudes : on peut rester sur du classique, quenelles de volaille, St Jacques juste snackées ou des huitres gratinées, ça marche.
  • Trou normand : à l’eau de vie de bière, pour marquer une « petite pause ».
  • Plats de résistance : choix gargantuesque. Pour faire honneur à Escoffier, Brillat Savarin et tous les officiers de bouche (Jean-Claude😉) mettons les petits plats dans les grands, tactac badaboum c’est le moment de sortir le grand jeu. Fondue, choucroute, tarte, tourte, carbonade, welsh, irish stew, ragoûts, moules, bœuf, lapin, poisson, poulet roti à la canette ou marinades, le tout cuisiné à la bière. Les accompagnements, légumes, carottes, riz, pomme de terre, pâtes, seront préparés à la bière bien entendu, les sauces, crêmes, bouillons, assaisonnements itou. Et en cas de plats un peu fades n’hésitez pas à saler au sel houblonné.
  • Fromages : les fromages à la bière nous régalent depuis longtemps, de même que les accords bière et fromage eux aussi très raffinés.
  • Desserts : la tarte à la bière n’est plus toute seule sur la carte des desserts, on voit apparaitre des desserts aux noms très alléchants comme mousse de spéculoos  à la Gouden Carolus, des desserts houblonnés au menu de grands restaurants.
  • Café, pousse-café et sa praline : les brasseries se mettent en quatre pour nous alambiquer des spiritueux de toute beauté et les chocolatiers trouvent l’accord parfait pour nous ravir, régalade assurée.
  • Quatre-heures: des crêpes ! Façon  Raymond Oliver, pâte bien délayée surtout…

Bon, maintenant que nous avons la peau du ventre bien tendue il est temps de dire merci à qui vous savez. Temps de penser à la bonne petite soirée qui se profile, de se relaxer au coin du feu, temps pour une bière au tison ou une petite infusion avant d’aller se coucher… dans un tonneau, où on pourrait rêver de la cuisine du futur, crisp de nooch, brume de bière et cuisine moléculaire et réfléchir à tout ce que l’on pourrait encore cuisiner avec les restes. N’oubliez pas votre bonnet de nuit, un suppo et au lit, un bon bouquin de philosophie épicurienne vous apportera à coup sûr un sommeil rapide. Faites de beaux rêves !

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Pierre ULTRÉ

Rubrique@Net :  Zéro % vers le zéro absolue…

Bon maintenant qu’il n’y a plus d’alcool dans notre bière, comment faire avec ce sucre (ces sucres) et ce gluten qui semblent encore gêner certains, sans oublier les pesticides et autres OGM qui trainent éventuellement ? Ne nous posons pas la question du réel besoin des consommateurs, le succès du sans alcool est là pour le prouver : ça peut intéresser plus de gens qu’on ne pourrait le penser. Maintenant si ça peut faire avancer la science du brassage, le marketing et le commerce alors Taïaut ! Au pire, le besoin ça se crée, ça n’a rien de sorcier puisque même la binouze à toutou existe (après le ragoutoutou… si vous avez la ref.).

Les sucres et la bière c’est une histoire vieille comme le monde, sauf pour nos « amies laze » α et β qui ont été découvertes courant des années 1800 ainsi que les levures. Entre la transformation de l’amidon en sucres, l’ajout de sucres supplémentaires dans les recettes ou à l’embouteillage, le travail des levures et les additifs éventuels (édulcorants), il y a tellement d’imperfections (matières, efficacité, rendements) qu’on se retrouve avec un tas de sucres différents dans le produit final et encore plus si on arrête la fermentation en cours de travail pour en faire une sans alcool.

Mais pas de solution miracle pour diminuer le taux de sucre final. Si ce n’est de tout faire manger par les levures, très peu ont trouvé la solution et auraient breveté leur système histoire de se protéger…un peu ou de pouvoir respecter les normes européennes concernant l’appellation « sans sucre ».

Montrés du doigt, et à raison, les produits phytosanitaires, pesticides, anti-germinatifs, engrais, nitrates, qui eux une fois pulvérisés sur les champs de céréales ou présents dans l’eau se retrouvent dans les grains et de fil en aiguille dans nos verres. Les artisans brasseurs ont bien saisi l’opportunité de se différencier des industriels avec le BIO, les consommateurs ont suivi, bien vu  ! Toutefois, il faut se méfier de certaines idées préconçues

Accusé suivant levez-vous ! Et voici le gluten et son intolérance qui se répand comme une trainée de farine. Mais pas de bol (de céréales) le gluten provient précisément des céréales à la base de la bière, l’orge, le blé, le seigle…. Il faut donc faire disparaitre ce gluten collant ou trouver des céréales non gluténées. Peu de brasseries des Hauts de France en proposent (un peu à la traine les cheuteumis) à part la Jade, qui d’ailleurs remporte haut la main notre trophée zéro% car première bière bio, première bio sans alcool et depuis 2015 disponible en version sans gluten. A la Brasserie Mont Blanc ils sont également bien placés dans la course au sans gluten, quasiment toute leur gamme est passée au dé-gluténéisé.

Aller, que reste t’il encore à enlever ? :

  • Le carbone ? Celui du process (pas les bulles), zéro émission, intéressant.
  • Le houblon ? Mais non Hildegarde c’est une blague !
  • L’eau ? Sirop ou poudre mes gens ? Un bon petit Tang Citra ça fait rêver.
  • La brasserie ? Oui ça existe, brasserie nomade que ça s’appelle.
  • Les taxes ? …ok mauvaise blague ☹
  • Les étiquettes ? Il n’y en avait pas sur la St Sixtus , mais ça c’était avant.
  • Le brasseur ? A remplacer par de l’ I.A. et tout le toutim.
  • La couleur ? EBC 0.0 le challenge.

Il y a donc beaucoup de choses à faire pour satisfaire quelques intéressés diabétiques, des soigneux de leur ligne, de leur santé, des intolérants, des allergiques. Tout cela, rappelons le, sans composition précise indiquée sur les étiquettes. Si les bières estampillées « sans alcool » peuvent en contenir jusque 1.2% suivant la législation, qu’en est-t’il donc des « sans gluten » et des « sans sucre » ? Le zéro absolu n’existe pas (rien ce n’est pas rien, demandez à Raymond) et si on pouvait faire parler nos microscopiques levures elles nous en raconteraient de belles au sujet de leurs ADN et de cette petite étoile * qui manque sur l’étiquette BIO

Tant qu’à enlever quelque chose préférons La Bière des Sans Culottes !       

Santé à toutes et à tous.

Pierre ULTRE

27ème Concours du brasseur amateur – FIBA- Palmarès

Notre association, Les amis de la Bière, a organisé ce samedi 27 septembre 2025, son 27ème concours de bière amateur à Sainte Marie Cappel lors du FIBA.

Cette année, soixante et une (61) bières ont été dégustées par les membres du jury sous la présidence de Jean Jacques GAYRAUD.

Ces bières étaient réparties ainsi :

-17 bières blondes

-10 bières blondes à dominante houblonnée

-12 bières ambrées

-8 bières brunes

-14 bières autres

Ces bières ont été brassées par trente-sept (37) brasseurs de nombreuses régions de France (Bourgogne-France-Comté, Grand-Est, Hauts-de-France, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Ile de France, Auvergne Rhône-Alpes, Bourgogne-
Franche-Comté) et de Belgique.

Les vainqueurs dans leur catégorie sont :

CEVAERT Fabian pour sa bière blonde.

NACHTERGAEL Jean François pour sa bière blonde à dominante houblonnée.

DEROO Mario pour sa bière ambrée.

FRICOTEAUX Patrick pour sa bière brune (Porter).

DELANNAY Olivier pour sa bière blanche (bière de blé) dans la catégorie « autres ».

À la suite du classement de ces bières par catégorie, un « super » jury présidé par Gilles LOMBART a dégusté ces cinq bières lauréates afin de désigner LA bière gagnante toutes catégories de ce concours.

C’est la bière à dominante houblonnée brassée par NACHTERGAEL Jean François qui a été élue gagnante toutes catégories.

Chaque brasseur lauréat s’est vu remettre un diplôme et un tablier.

Le vainqueur toutes catégories.gagne le trophée à l’effigie de Gambrinus.

Le palmarès complet est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous.

https://www.amis-biere.org/wp-content/uploads/2025/09/Palmares_2025.pdf