Rubrique@Net: Tout un Art

On pourrait s’étonner de ne toujours pas trouver la bière au rang des Arts majeurs malgré tous les efforts, toute la maîtrise, la finesse, toute l’ingéniosité et l’inventivité développées, malgré son importance historique, sociétale, folklorique, économique… Mais voilà, non, il nous faut nous consoler et nous satisfaire du rôle de la bière en tant que source d’inspiration, muse, sponsor, mécène, support, matière première, commenditaire des autres Arts et nous dire que ça… bin c’est pas rien.
Comme support ou vecteur de diffusion son efficacité est redoutable, les publicitaires l’ont bien compris, ce ne sont pas les cervalobélophiles, les gambrinophiles, les cervacapsulophiles, les décapsulophiles, les placomusophiles, bref les tégestophiles de tout poil qui nous diront le contraire. Il faut dire qu’entre la bouteille, son étiquette, les verres (ha le verre brisé Bush !), les chopes, les bocks, les sous bocks, les vitraux et tout le toutim, il serait difficile de ne pas trouver chaussure à son pied.
Quand la brasserie de la Meuse s’offrait Alphonse MUCHA pour sa communication publicitaire, c’était une relation gagnant-gagnant avec l’artiste. Il suffit de rentrer dans une cave à bière pour remarquer ce florilège de graphismes sur les canettes alu et se rendre compte que la source d’inspiration fonctionne toujours, que le support est toujours recherché, que la bière et les artistes c’est une histoire qui dure. La bière traverse les modes, les courants, les époques et les influences, de tous horizons.
Les artistes peintres ont traité le sujet bière à foison sur leurs toiles, les « Nature morte à la chope de bière » sont légion. Des estampes ont même servi d’outil de propagande il y a fort fort longtemps.
De nos jours, de nouveaux supports émergent et la collaboration continue avec des artistes, en street art ou œuvres numériques, réalité augmentée, webdesign. Chez Desparados ils sont à la pointe de la technologie dans l’art des campagnes de communication.
Bière et musique sont très liées également. La bière apporte ce côté convivial très présent et pour beaucoup de compositeurs c’est une réelle source d’inspiration. Parfois traitée en tant que thème principal, par le grand Jacques, ou en Rap , jazz. Même les accords bière&musique sont imaginables.
Côté films quelques nanards sont hélas à citer, ils renvoient plutôt une image non qualitative de la bière, quant à l’affaire Freddy Heineken ce sont carrément deux films qui ont été réalisés sur le sujet. On peut aussi regarder du côté des séries, jeux de société, BD, Mangas (voir Gazette N°121 p.49), il y a du choix et de la qualité.
La poésie, l’humour, la chanson, l’ami Ronny avait exploré toutes ces facettes de la bière avec malice et la brassauthérapie complète la liste avec bonheur.
Avec l’architecture les brasseries ont une très longue histoire, les bâtiments étaient de véritables cathédrales et affichaient la puissance, la réussite, la richesse des marques grâce à des réalisations somptueuses et modernes. Chez Carlsberg, après leur brasserie, ils ont fait la part belle aux arts en créant le musée Glyptotek ( à vos souhaits!).
 De nos jours on mise plus sur l’exposition des moyens de production derrière de grandes baies vitrées, des espaces intérieurs plutôt spartiates mais conviviaux, des becs à n’en plus finir, des chemins didactiques ou historiques. Un peu plus taproom que tape à l’œil nos brasseries…
Heureusement des musées mettent en lumière le riche patrimoine biérologique et artistique qui s’accumule au fil du temps, patrimoine qui mérite un inventaire.
La bière est un Art, disons le haut et fort, qui compte parmi ses rangs des maitres, des artistes, des génies. C’est pour cela que depuis 40 ans l’association des Amis de la Bière oeuvre sans relâche pour la défendre, la promouvoir, lui redonner la place qu’elle mérite et la faire apprécier à sa juste valeur.
 Bon anniversaire aux Amis de la Bière !
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Pierre ULTRÉ

Rubrique@net: Gourmandise

L’imagination est sans limite quand il s’agit de faire bonne chère, la bière n’échappe pas à la règle, d’autant plus quand, à son tour, elle devient ingrédient. A toute heure et aux quatres coins du monde, elle s’accomode, elle s’accorde aux autres ingrédients, ceux qu’on a sous la main, dans les placards, mais également avec les plus raffinés. L’idée est de titiller nos papilles, faire briller nos yeux, réchauffer nos ventres, bref de passer un bon moment, de créer l’ivresse… des sens. Tout est question de maîtrise, maîtrise des goûts, des techniques, des quantités. De la gourmandise oui, mais tout en restant de fins gourmets et de fins palais bien entendu. Ah les français et l’art culinaire ! Voyons un peu ce qu’il y a au…

Menu

  • Petits déjeuners : pain beurré nappé de bière à tartiner ou de vegemite australien ou alors, pour les becs salés, English breakfast accompagné de sa bière écossaise. Le café sera conseillé quand même, avec un petit chocolat pourquoi pas.
  • Apéritifs : Moment d’échange de partage, de retrouvailles, et déjà si vous partez sur une « simple » bière le choix est gigantesque, de la pils à la stout la plus noire et bientôt des assemblages de bières à la demande où même la mousse pourra être personnalisée. Mais, Nordistes et Alsaciens partiront peut-être sur des amers, façon Picon ou Sommer à ajouter dans une bière sans prétention et si d’autres veulent s’aventurer sur des cocktails à base de bière là aussi une foultitude mixologique les attend. De la pimentée michelada mexicaine au plus méticuleux black and tan, en passant par un cocktail du Pas de Calais, pas de règles pas de standards, la priorité est au goût, tant que c’est liquide, on mélange. Crakers aux drêches pour remplacer les cahouettes bien sûr ou quelques amuses-gueules plus élaborés.
  • Hors-d’œuvre froids : côté mer avec un caviar de bière ou des rouleaux de homard, côté terre un confit de bière à la truffe ou du foie gras bière et maroilles sur pain grillé, accompagné de quelques pickles.
  • Soupes : chaude à la Pierrot de Lille avec son topping au vieux Brugge, jambon et croûtons, ça c’est gourmand ou alors en version froide, osez le gosepacho.
  • Entrées chaudes : on peut rester sur du classique, quenelles de volaille, St Jacques juste snackées ou des huitres gratinées, ça marche.
  • Trou normand : à l’eau de vie de bière, pour marquer une « petite pause ».
  • Plats de résistance : choix gargantuesque. Pour faire honneur à Escoffier, Brillat Savarin et tous les officiers de bouche (Jean-Claude😉) mettons les petits plats dans les grands, tactac badaboum c’est le moment de sortir le grand jeu. Fondue, choucroute, tarte, tourte, carbonade, welsh, irish stew, ragoûts, moules, bœuf, lapin, poisson, poulet roti à la canette ou marinades, le tout cuisiné à la bière. Les accompagnements, légumes, carottes, riz, pomme de terre, pâtes, seront préparés à la bière bien entendu, les sauces, crêmes, bouillons, assaisonnements itou. Et en cas de plats un peu fades n’hésitez pas à saler au sel houblonné.
  • Fromages : les fromages à la bière nous régalent depuis longtemps, de même que les accords bière et fromage eux aussi très raffinés.
  • Desserts : la tarte à la bière n’est plus toute seule sur la carte des desserts, on voit apparaitre des desserts aux noms très alléchants comme mousse de spéculoos  à la Gouden Carolus, des desserts houblonnés au menu de grands restaurants.
  • Café, pousse-café et sa praline : les brasseries se mettent en quatre pour nous alambiquer des spiritueux de toute beauté et les chocolatiers trouvent l’accord parfait pour nous ravir, régalade assurée.
  • Quatre-heures: des crêpes ! Façon  Raymond Oliver, pâte bien délayée surtout…

Bon, maintenant que nous avons la peau du ventre bien tendue il est temps de dire merci à qui vous savez. Temps de penser à la bonne petite soirée qui se profile, de se relaxer au coin du feu, temps pour une bière au tison ou une petite infusion avant d’aller se coucher… dans un tonneau, où on pourrait rêver de la cuisine du futur, crisp de nooch, brume de bière et cuisine moléculaire et réfléchir à tout ce que l’on pourrait encore cuisiner avec les restes. N’oubliez pas votre bonnet de nuit, un suppo et au lit, un bon bouquin de philosophie épicurienne vous apportera à coup sûr un sommeil rapide. Faites de beaux rêves !

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Pierre ULTRÉ