Rubrique@net : Le mouvement craft II

Le mouvement Craft est de retour…et de retour en Europe, berceau de la bière moderne faut-il le rappeler. Un retour à la maison en quelque sorte, mais au même moment dans les années 80 la situation économique, le marché de la bière, les préoccupations des consommateurs ne sont pas les mêmes qu’aux Etats Unis. L’arrivée du mouvement Craft sera donc très différente selon les pays membres de l’Union, leur culture bière, leurs mœurs, leurs coutumes, leurs goûts et les quantités éclusées. Et ils n’étaient que 12 à l’époque !

En France, dans les 80’s la publicité inonde le petit écran et la radio, on découvre les supermarchés qui ouvrent les uns après les autres et avec eux la standardisation. Kronenbourg, Kanterbraü, Heineken, imposent leur monopole à coup de campagnes de pub très travaillées, très rythmées avec des slogans très efficaces. La loi Évin mettra un terme à cette débauche médiatique.

Mais, déjà, des artisans, des brasseries, sortent des produits décalés, hors normes, qui rencontrent de beaux succès : Duick se fait un nom dans tous les foyers du Nord avec sa bière de garde Jenlain, à la brasserie Castelain on crée la Ch’ti, on boit de l’Adelscott en 1981, on boit de la 3Monts dès 1984, de la Coreff en 85. En 1986 arrive la Choulette et les 3 Brasseurs ouvrent à Lille en proposant déjà le concept taproom , épatant !

Ce que l’on va observer en Belgique et en France c’est que, aux côtés des grosses productions de bières, des styles « oubliés » vont réapparaitre. Les bières d’abbaye tout d’abord, la Leffe va s’imposer sur le marché, jusqu’à aujourd’hui encore. Quelques années plus tard, ce sera au tour des bières triples de cartonner avec l’arrivée en 1996 de la Tripel Karmeliet bien sûr et de toutes ses petites sœurs, la brasserie Caulier refrappant un grand coup en 2010 avec la Paix Dieu, toujours plus haut toujours plus fort.

Les premiers à réellement incarner l’esprit Craft chez nous, (mais le savaient-ils ?) seront des passionnés, touche à tout, issus d’autres horizons, qui auront fait leurs armes dans leur cuisine ou leur garage comme Jérôme Dreumont qui commence à brasser à la maison en 1995, Daniel Thiriez à Esquelbecq en 96, les frères Bogaert et la brasserie St Germain en 2003, Thomas Pierre avec sa Bébête. Ils ouvrent la voie, explorent, font vivre leur passion, montrent le chemin aux autres telle la brasserie du Pays Flamand en 2006 avec la Bracine puis l’Anosteke.

Dans les années 90, des concours de bières d’amateurs ont commencé à être organisés, ils font partie des piliers de l’esprit Craft et on peut noter que celui organisé par les Amis de la bière date de 1997, chapeau ! en plein dans le mille ! Aurait-il servi de tremplin à certains ??? Le concours de St Nicolas de Port est aussi créé à cette période là et va devenir de taille nationale et s’adresser aux pros également.

Arrive enfin internet dans les années 2000. Autre pilier de la révolution Craft qui va permettre à tous les brassam d’accéder à un forum majeur animé par Jean-Luc, débroussailleur, fédérateur. On va également commencer à commander chez brouwbrouw. Les blogs, sites et réseaux sociaux amplifieront le mouvement.

Enfin un style va émerger et créer la vague, Le style IPA, (pardon Jean-Jacques, blonde à dominante houblonnée). Le grand public va commencer à s’intéresser aux petits brasseurs locaux qui sortent de bons produits finalement.

Le mouvement Craft a donc pris son essor avec pas mal d’années de décalage. Doucement mais sûrement, les mentalités, les goûts ont changés. Les investisseurs ont enfin osé, mais pas trop…car l’esprit Craft s’inscrit dans une logique de petites productions, d’indépendance, de proximité, de bouche à oreille, de partage, de collaboration, de tâtonnement, d’inventivité, de réussite aux concours, de mérite plutôt que de tapage médiatique. Que de belles valeurs devant nos yeux ébahis !

L’aventure Craft continue dans votre prochaine Rubrique@Net. Le mouvement Craft mérite bien un épisode III, la Revanche…

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Pierre ULTRÉ

Rubrique@net: le mouvement CRAFT

Les Américains avec leur modestie habituelle se présentent comme les initiateurs de ce mouvement mondial de la bière, le mouvement Craft. Ils oublient évidemment qu’ils n’ont pas été les seuls à agir ou à réagir en faveur de la bonne bière. L’Angleterre et sa Campaign for Real Ale pour sauver ses fameuses cask beer et bien sûr la France se sont dressées face à une standardisation monotone et imposée par les gros groupes et les législations. Chez nous déjà dans les années 80 une bande de copains amateurs de bonnes bières créait son association et sa Guilde pour défendre le patrimoine brassicole des Pays Bas Français…vous connaissez la suite.

En Amérique dans les années 70, des brasseurs amateurs et passionnés de vraies bières rencontraient des problèmes. Disponibilité des ingrédients, choix en bonnes bières étrangères, fortes taxes sur ces importations, monopole quasi culturel des grandes marques et de leur standardisation à outrance. Alors ces quelques brasseurs éclairés, inventifs, fédérateurs, ont commencé à chercher des solutions, à reproduire leurs bières préférées, à faire venir des spécialistes de l’étranger, à se former, partir découvrir, échanger, se regrouper, créer des clubs et des associations et défendre leur cause auprès des institutions. Un peu sur le même principe que pour l’informatique où tout était à créer ils bricolaient au fond des garages, mais tout cela avec un frein non négligeable, l’illégalité de cette pratique dans tous le États-Unis.

Ce qui s’est passé aux USA proviendrait de facteurs multiples mais un point de départ semble prédominant : à la fin de la prohibition l’activité de brassage à la maison n’a pas été dépénalisée ou détaxée, alors un jour de 1978, une loi a été signée par Jimmy CARTER qui a légalisé, défini et cadré la production de bière maison. Et l’expansion a démarré, la révolution s’est mise en marche, deux ans après ça produisait commercialement.

 En cette période propice en termes de temps libre, de hobby, de retour au fait maison, au naturel, tout était rassemblé. La fierté de pouvoir rattraper le retard qu’ils avaient accumulé par rapport aux autres nations les a d’autant plus motivés, et après avoir réussi à copier leurs bières préférées ils sont passés à la renaissance de styles oubliés, puis à la création, l’innovation. Des nouveaux styles, de nouveaux houblons, de nouvelles méthodes, des foires, des salons, des fêtes de la bière c’était parti pour un vrai show à l’américaine. Le marché existait, ils se sont donc tout approprié et en bons capitalistes ils ont mis en place un bisness de dimension nationale, du producteur jusqu’au consommateur et les autres pays ont suivi le mouvement (voir la Rubrique N°3 En voyage).

Des personnalités se sont particulièrement distinguées, Charlie PAPAZIAN nous est présenté comme un quasi évangélisateur, il a formé des dizaines de brasseurs, écrit des livres comme The Complete Joy of Homebrewing mais aussi fondé la American Homebrewer Association en 1978, lancé la revue Zymurgy en 1979, crée le premier festival bière en 1982 le Great American Beer Festival. Des passionnés comme Fred ECKHARDT auteur de Amateur Brewer en 1976 ou Merlin ELHARDT, créateur du premier club de brasseurs amateurs The Maltose Falcons en 1974, ont milité et donné ses lettres de noblesse au mouvement, motivé d’autres personnes comme Jeff LEBESCH à venir chercher des idées jusqu’en Belgique et fonder New Belgium Brewing en rentrant en 1988, passant ainsi du statut d’amateur à professionnel comme de nombreux autres.

Donc oui, on peut le dire, les Américains sont à l’origine de ce mouvement, de cet élan, de cette énergie nouvelle, ils ont ouvert une nouvelle voie dans la façon d’aborder le brassage, la façon de penser bière, de la consommer, de la commercialiser. Le Smithsonian Institute a d’ailleurs crée une initiative sur l’Histoire du brassage Américain, des écrivains et connaisseurs ne s’y sont pas trompés et ont accompagné, décrit, guidé cette nouvelle culture, Michael JACKSON, Stan HIERONYMUS et toute une sacrée liste (187) de beer writers.

L’aventure continue dans votre prochaine Rubrique@Net.

La bière Craft mérite bien un épisode II, le Retour….

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Pierre ULTRÉ

Rubrique@Net : Les Géants

Monsieur et Madame Gayant, géants connus et reconnus, avaient une brasserie à leur nom il y a peu encore mais qui déjà faisait figure de petit poucet face aux géants du marché. ABinBev, Heineken et Carlsberg nous sont présentés comme des mastodontes, des multinationales tentaculaires hyper communicantes, aux bénéfices records. Cependant le produit lui-même, la bière, avouons-le, n’a que peu d’intérêt gustatif ce qui contraste avec leurs incontestables succès et tout le tapage qui en est fait. Mais voilà, ces brasseries ont aussi un passé historiquement important voire fondateur, sont porteuses de nombreux emplois et soutiennent des actions et des œuvres intéressantes, il faut savoir mettre de l’eau dans son vin… d’orge.

Les géants brassent. Les chiffres donnent le tournis et atteignent des sommets tels qu’ils deviennent invérifiables (ABinbev dépasserait les 500 millions d’hectos) ces mêmes chiffres montrent également que d’autres mastodontes, moins visibles, sont bien là cachés dans leurs ombres. Les marchés asiatiques et américain très porteurs permettent à d’autres géants de coexister, on trouvera China Winter Brewery, Tsingtao ou Molson-Cors et les coulisses de la profession ne sont pas aussi limpides que leurs productions. Rachats, alliances, partage des marchés, actionnariats, entrées au capital, productions de bières sous licence, on ne nous dit pas tout, vous pensez bien.

Les géants dévorent. Le cas de Grimbergen partagé entre Alken-Maes (Heineken) et Carlsberg est parlant et maintenant voilà que les pères de l’abbaye produisent également sur place, bonjour le patacaisse ! Pour le reste il suffit de voir la liste des brasseries qui font partie de leur giron pour comprendre leur façon de grossir tout en maitrisant la concurrence, c’est fort.

Les géants aiment le sport. Ils le font savoir, l’association bière et foot, coupe d’Europe de rugby ou Tour de France n’a jamais autant fonctionné, même si on se demande encore quel est le rapport. Sport et alcool ne font pas bon ménage, alors quoi ? C’est de la 0.0% me direz-vous, c’est écrit dessus et tout autour des terrains. Ne cherchons plus, le mondial est là pour le prouver, au Qatar on brasse aussi …un tout autre liquide.

Les géants ont du cœur (ils ont tout c’est dingue !). Des fondations, des œuvres caritatives, ils soutiennent la culture, les artistes ou d’autres brasseurs victimes du confinement, valorisent leur glorieux passé et payent le chauffage des établissements partenaires. Ils œuvrent pour l’équité, la diversité, l’inclusion de leurs employés… »entrainant un engagement accru, ce qui améliore la performance commerciale » (ce n’est pas moi qui le dis).

Les géants veillent à garder leur avance. Ils investissent dans la recherche et l’amélioration continue pour se tenir au premier rang, adoptent les méthodes de l’industrie tel le Lean management pour améliorer leur qualité, leur rentabilité. Ils créent de nouvelles variétés, déposent des brevets, inventent de nouvelles techniques, sont à la pointe dans leur domaine industriel, scientifique, commercial, financier. Alors le mouvement Craft et sa multitude de petit poucet qui leurs grapille des parts de marché ça doit les chatouiller un peu mais c’est toujours l’union qui fait la force, ils ne jouent pas vraiment dans la même cour. Un peu de craft au catalogue suffira bien pour le rapport annuel (à rallonges).

D’autres géants plus discrets s’occupent eux de l’orge, du malt, du houblon, de la levure, ils sont de taille mondiale également et font moins de remous, les dividendes sont là et de la même manière ils conduisent leurs affaires aux quatre coins de la planète. Une malterie française en Ethiopie maltant l’orge locale on pourrait croire à une vieille blague, mais non, on peut même ajouter que c’est un des plus gros producteurs de …houblon ! Autour de tout ça gravitent des fabricants de produits phytopharmaceutiques, des banques, des entreprises d’investissement, des familles, autant dire des géants qui arrivent à rester très bien cachés.

Alors c’est vrai, les géants semblent toujours indestructibles mais l’histoire est là pour nous rappeler que depuis David et Goliath leur talon d’Achille ce sont …leurs pieds d’argile. Tout ce petit monde bouge et bougera encore, grossira, mutera, éclatera ou disparaitra au grès des marchés, des banques, des stratégies et des conjonctures économiques, une véritable saga pour certaines brasseries.

En attendant, nous pouvons faire ce qu’ils n’ont pas le temps de faire, c’est à dire déguster, profiter et partager, discuter, rêver et aimer, prendre notre temps pour lire la Gazette et rigoler autour d’une bière, La Géante par exemple !         À découvrir en cette période les bières d’hiver ou de Noël.

 Santé et meilleurs Vœux pour 2023.

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Pierre ULTRÉ

Rubrique@Net: Nos Régions

Dans son journal du 13H notre regretté Jean Pierre avec ses petits marchés de Provence et la découverte des produits et des producteurs de nos régions avait trouvé un sujet passionnant, de dimension nationale et bien ancré dans nos racines. Tout comme la bière. Son essor sur tout le territoire touche aussi bien les régions productrices de vin, de cidre ou de chouchen que les anciennes régions de tradition brassicole. De Bray-Dunes à Prats de Mollo, de Kiesweg à Ploumoguer en passant par Picherande (le nombril de la France), ça mousse ! Et les DROM-COM ne sont pas en reste.

Treize régions en métropole, cinq en outre-mer, de quoi caser nos 2300 brasseries et quelques. Dans le trio de tête en nombre de brasseries artisanales se trouvent l’Auvergne-Rhône-Alpes, le Grand Est et la Nouvelle Aquitaine mais il faut consulter l’annuaire car les chiffres bruts ne sont pas très parlants. Ensuite suivent L’Occitanie, la Bretagne et les Hauts de France, les autres sont dans un mouchoir de poche comme on dit. En clôture nous trouverons le Centre Val de Loire et la Corse.

La Bretagne nous a montré, il y a bien longtemps déjà, la voie de la bière artisanale avec la Coreff et aujourd’hui nous pouvons apprécier l’impressionnante couverture brassicole que cette région nous offre. La  » petite  » région Ile de France est bien représentée sur le panel national et ce depuis longtemps également, des pionniers de la craft y sévissent encore.

Pour promouvoir leurs bières les régions et départements créent des labels pour se démarquer, insister sur l’aspect qualitatif, le côté terroir-saveur, les bières de caractère et tout ça et là c’est la valse des étiquettes, ça part dans tous les sens. Cependant côté labels officiels nationaux ou européens on ne trouve pas bin grand-chose. Sur le registre européen pas de bière française que ce soit en IGP, STG, AOP, quelques bières Tchèques, Allemandes et Belges mais cela reste vraiment confidentiel. Quelques mentions existent en parallèle comme « Produit de la ferme » ou encore « Produit de la montagne ». Mais le consommateur est-il vraiment sensible à ces logos ? Une bière estampillée  » Profession Brasseur  » du SNB sera-t-elle préférée à une autre badgée  » Brasseur Indépendant  » du SNBI ? … Les publicitaires semblent le croire.

Quand tout ce petit monde se retrouve au concours général agricole, le classement est légèrement bouleversé, et là, excusez du peu, la région Hauts de France cartonne ! Sur d’autres concours nous trouverons bien entendu d’autres lauréats, à Lyon capitale de la gastronomie, Avignon, Saint Nicolas de Port pour les fourquets ou même la foire de Brignoles. Mais vous le savez, d’une part on ne peut pas concourir partout et d’autre part entre subjectivité, fiches de notation, catégories, sensibilités et compétences des jurys les paramètres sont nombreux à entrer en jeux. Autant dire qu’il y a de la place pour tout le monde. Ce ne sont pas le Worl Beer Award ou le World Beer Cup et ses 103 catégories et 307 récompenses qui diront le contraire.

La France est une terre d’agriculture et donc naturellement les fermes produisant les ingrédients de base sont idéalement placées pour produire elles-mêmes de la bière et dans la dynamique actuelle du consommer local, régional, de l’économie circulaire, cela est tout à fait cohérant. Mettre en place un système du champ à la chope, ouvrir une brasserie paysanne de l’Artois, ou la ferme Beck avec production et transformation des ingrédients sur place ou dans la région c’est un retour à ce qui se faisait avant, c’est le principe du retour de bâton ou le coup du boomerang selon du côté où l’on se place. Bon, bien entendu tout a été revu avec l’arrivée du bio, les énergies renouvelables, l’impact carbone ou encore le crowdfunding.

En tout cas côté régions ça bouge depuis la fin des confinements, c’est reparti pour les salons, marchés, foires, festivals, les brasseurs sont là et le public répond à l’appel. Nous allons pouvoir redécouvrir les différentes routes de la bière, les accords mets-bières et la gastronomie régionale, visiter les cités de la bière et celles à venir…Demandez le guide !

En cette période de vacances les Français vont beaucoup bouger, c’est le moment de partir à la découverte des autres régions, aller chez nos artisans découvrir ce qui se fait ailleurs, la France a un incroyable talent parait-il, cocorico, et la décentralisation a du bon. Profitons-en pour porter la bonne parole également et convertir les restaurateurs, cafetiers et autres patrons d’établissements encore trop frileux ou accrochés à leur contrat brasseur avec les grandes marques et leur conseiller d’aller voir juste à côté de chez eux des gens de leur région plein de créativité, d’enthousiasme et de sympathie, les brasseurs et brasseuses artisans. Alors les ami(e)s à la bonne votre, rendez-vous devant le 13H et ailleurs mais ensemble à nouveau, enfin !

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Pierre ULTRÉ

Rubrique@Net: Girl Power

La bière fait sa révolution et les femmes s’y invitent sans complexe. Déjà impliquées depuis longtemps dans la fabrication de la bière c’est le retour en force. Elles apportent leur contribution au mouvement craft mais aussi dans l’industrie, à tous les postes avec de nouvelles sensibilités, de nouveaux engagements de nouvelles idées et ne leur parlez pas de « bière de femme » au risque de vous prendre un coup de botte … rose.

Une réinterprétation de Femmes des années 80 pourrait donner Femmes des années 2020 et on Sy trouverait Julie responsable de la Brasserie du Cateau et mannequin, Hortense femme braceresse et paysanne résiliente, Émilie, la binouz girl, maman, brasseuse et prof, jusqu’à Madame Dusse qui oublie qu’elle n’a aucune chance et qui fonce. Joséphine a fait comme dans une autre chanson, elle a osé, brasseuse chez De Clerck où elle poursuit l’activité de son père et rockeuse, applaudissements s’il vous plait !

Il y a aussi Agathe qui ferme son Baragouin pour faire encore mieux et créer avec ses associés son brewpub, Armelle pionnière et toujours passionnée créatrice de Pietra, Marie créatrice de Maloan, Nathalie innovante avec ses crackers à la drèche, Aurélie (la fille du Steph’ ) brasseuse à domicile. Voyageons et allons voir Aline première femme brasseuse aux Caraïbes. Et les jeunes arrivent, Amoryne, 16 ans, a déjà l’ambition de travailler dans le domaine, épaulée par José (un habitué du FIBA) auteur du livre « La bière une histoire de femmes ».

Nos collègues du sud ont fait évoluer le nom de leur association, ils se sont choisi un nom que l’on qualifie d’inclusif : le Club des Ami.e.s de la Bière. Ils ont décidé ainsi de promouvoir la participation féminine et de lutter contre le discours sexiste dans le milieu brassicole. Certaines voix se font entendre par ci par là d’ailleurs pour dénoncer des bières sexistes et beauf et effectivement en la matière on peut déplorer du « no limit ».

Publicités, nouveaux produits délirants, noms choquants, préjugés bien ancrés ou « blagues à papa » pas très fines, ça nous a fait rire avouons-le, mais le trop étant l’ennemi du bien c’est comme pour l’alcool : c’est avec modération. Heineken, Skol, se payent des campagnes de bonne conscience et désavouent certaines de leurs anciennes publicités aujourd’hui badgées sexistes. Cela dit il ne faut rien lâcher car rien n’est gagné d’avance, si voyez ce que je veux dire…

Des femmes se fédèrent en clubs, en associations et rayonnent jusqu’à l’international. Nous avons connu le club des buveuses de bière en talon aiguille, nous voyons arriver Tery et sa pink boots society. Des sites web très bien faits voient le jour ; l’incontournable club bierissima d’Élisabeth, l’énorme hoppy hours de Carol-Ann, Allegoria de Dorothée, Sonia et son Rigal de la bière. Amélie, expatriée en Écosse, a créé le club Beer Without Beards ainsi que le Women In Beer Festival. En Grande Bretagne le club Dea Latis essaie également de trouver sa voie, entre indépendance et influences. Ajoutons une pincée de revendications féministes, de sororité, comme en parle Anaïs de Reims dans son livre Maltriarca.

Parlons parité alors, la parité se mesure à l’aide de l’index Egapro, le ministère du travail met en ligne le fichier national des index mais vous pouvez aussi utiliser le moteur de recherche pour savoir où en est votre brasserie préférée ( …ou pas, question de taille d’entreprise).

Quelques exemples intéressants : score index égalité 86/100 chez Meteor, 92/100 chez Heineken, 94/100 chez Ninkasi. Chez Kronenbourg on annonce 2/3 de femmes parmi les maitres brasseurs. A priori la Brasserie Lilloise est exemplaire et un accord collectif est en cours sur l’égalité à la Brasserie Goudale. La brasserie Flora 2, inscrit dans ses statuts le renforcement du lien social en tant que grand axe. A noter que l’on trouve aussi des aides financières spécifiques aux femmes.

Celles-ci aiment aussi partager leur passion sur les médias, il faut bien se faire mousser de temps en temps ! Et étant donné qu’elles ont un cœur (on n’en doutait pas) de belles initiatives apparaissent comme Helen qui fait rimer bière et solidaire avec l’opération buvons solidaire de l’association coaching suspendu. Un peu plus loin au Rwanda des femmes gagnent leur autonomie grâce à la fabrication de bières artisanales.

Céline à Lille nous propose d’aller chercher bonheur avec ses cours de beer Yoga et Sabine à Douai a fait le grand écart… professionnel en ouvrant sa Taverne du Grand Hacquebart. Vous voyez, Patrick se demandait « où sont les femmes ? » j’ai envie de dire ; elles sont là ! Julien déclamait « Femmes je vous aime » j’ai envie de dire : il n’y a pas que toi mon Juju, tout le monde les aime quand elles s’impliquent dans la bière de cette façon. Alors je vous dis « A la prochaine et santé à vous les amis…oups…les ami(e)s.

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Pierre ULTRÉ